ACCUEIL » L'édito 2011
DOA
(Déchaînement Offensif Artistique)
Parmi les temps forts de cette fin octobre, vous hésitez encore entre une soirée
no limit organisée par l’amicale philatélique de votre quartier et le festival Court
Métrange. Vous mettez en balance ces deux évènements mis en hostile concurrence
par le calendrier culturel rennais : dans le premier, vous pourrez sauvagement vous
séparer de votre cravate (pour les garçons) ou de votre serre-tête (pour les filles).
Dans l’autre, quatre jours d’ivresse bienfaitrice d’images et de sons inédits, de
rencontres et de débats fougueux, d’animations et d’expositions autour du Fantastique
se concluront par un bal des vampires insensé. Voilà qui interroge forcément.
Songez seulement à cet argument de poids (que je vous assène sans la moindre
anesthésie locale) : nul autre que nous n’a autant envie de vous choyer, pleinement
conscients que notre fragile humanité a besoin de se repaître d’une infinité
d’émotions… à quelques mois de la fin annoncée du monde.
J’en veux pour preuve que Court Métrange étend, pour cette année exceptionnelle,
son effrayant pouvoir de diffusion à l’international, affichant une programmation
mexicaine, japonaise et américaine en plus de celles qui se consacrent à explorer
notre foisonnante Europe. Occasion toute trouvée de saluer dans ces lignes les
partenaires qui nous ont permis de vous les concocter : Instituto Mexicano de
Cinematografía, The Screamfest Horror Film festival et The Sendaï Short Film
festival. L’équipe exprime d’ailleurs toute sa reconnaissance à l’égard de ses amis
japonais qui ont maintenu leur partenariat alors que la ville de Sendaï (jumelée
avec Rennes) est encore dévastée par le tsunami.
Toutes les tendances se voient encore représentées dans cette huitième édition
bien joufflue (au-dessus de laquelle plane une ombre gothique et inquiétante). Audacieux,
nerveux, merveilleux, réflexif, amusant, esthétique, étonnant, repoussant
et attractif, le Fantastique revêt les formes les plus diverses pour vous emporter
dans une multitude de mondes. Des espaces de création au réjouissant format
court, nés de l’esprit de réalisateurs qu’une culture « officielle » accepte encore
avec grande timidité de reconnaître. À Court Métrange, ce ne sont ni la mode, ni
les décorations honorifiques, ni le prétendu bon goût qui permettent d’identifier
un auteur, c’est vous et nous.
Cette année, Jean-Pierre Dionnet - qui cumule force talents - nous honore en
présidant le jury du festival (vigoureusement constitué d’artistes, de journalistes,
d’écrivains et de professionnels de l’image). Chance ! Et merci à eux !
Ne lâchons pas la rampe encore chaude des remerciements avant de saluer les
efforts renouvelés (et même redoublés) produits par le Département, la Région et
la Ville de Rennes pour soutenir Court Métrange.
Cet édito (que la Faculté m’autorise à écrire entre deux bols d’aspirine et quelques électrochocs) ne peut faire le détail de toutes les réjouissances mentionnées dans
le programme que vous pincez entre vos doigts fébriles. Alors consultez-le, oubliez
pour quelques jours l’extinction qui nous guette et précipitez-vous au Ciné TNB !
Un festival de sensations vous y attend.
Steven PRAVONG
Directeur artistique de Court Métrange