Ne tentez pas de fuir : des créatures informes, des démons mal intentionnés ou des Sérial killers aux manies déplaisantes sont là pour vous empêcher de quitter la salle. En clair, vous êtes sur les terres noires de l’horreur où coulent des torrents d’émotions fortes. Des poètes maudits du cinéma –mais talentueux- vous narrent des histoires à mourir debout. Vous ne vous contenterez pas de frémir, ces auteurs dérangés ne manquent pas d’humour et vous pourrez rire à gorge déployée (pourvu qu’on ne vous l’ait pas tranchée).
Sandik (The Chest) de Can Evrenol. 2007. Turquie. 5’ 52
Une épouvantable et répugnante guerre éclair qui nous arrive directement de Turquie ! Tout démarre avec une scène dans laquelle un jeune garçon porte un coffre mystérieux …
Contact : canevrenol@hotmail.com
My Grandmother de Can Evrenol. 2008. Turquie, 6’33
Une petite fille se rend sur la tombe de sa grand mère. Elle est hantée par des sentiments morbides. Contact :canevrenol@hotmail.com
Mamá de Andy Muschietti. 2008. Espagne, 3’
Deux soeurs font tout pour échapper à leur mère qui ne semble plus être tout à fait la même …
Contact : cristinatort@toma78.com
The Eel de Dominic Hailstone. 2004. Angleterre. 6’
Expériences sinistres dans un laboratoire … Contact : greenyammo@blueyonder.co.uk
Dead Bones de Olivier Beguin. 2008. Suisse. 15’
Dead Bones, une oeuvre mêlant western et horreur ! D’une durée de 15 minutes, l’histoire conte les aventures d’un chasseur de primes et de sa proie, qui pénètrent en terrain inconnu.
Contact : olivier@dead-bones.com
Delaney de Carles Torrens. 2008. Espagne. 20’
La disparition de la route mythique 66 entraîne avec elle le recyclage obligatoire de certaines activités. Parmi elles, un motel louche impliqué dans le trafic d'organe. Delaney, une fille qui tombe toujours amoureuse, est le centre de cette histoire autant comique que sanglante.
Contact : c.torrens@hotmail.com
No place like home de Rosto. 2009. Animation. Pays Bas. 6’10
On n’est jamais mieux chez soi qu’en enfer… Ceci n’est pas un clip : Thee Wreckers est un groupe imaginaire et fait partie du projet musical de Rosto qui s’inscrit dans son roman graphique « Mind my gap »." Contact : festivals@autourdeminuit.com
Konvex T de Johan Lundh. 2008. Suède. 18’04
Quand David Lynch rencontre Bertolt Brecht dans une sombre histoire … Un jeune employé d’usine ne manifeste aucun intérêt pour la fille de ses rêves jusqu’au jour ou son corps développe un kyste étrange qui semble se reproduire tout seul … Contact : konvex@riviera.cd
En présence d'Alain Sclockoff, directeur du "feu' festival
du film
fantastique de Paris au grand Rex qui fit découvrir le réalisateur Dario Argento
en France et rédacteur en chef du magazine l'Ecran fantastique

SUSPIRIA de Dario Argento (le Long Métrange)
Court Métrange inaugure, cette année, une projection dédiée à un long métrage européen qui a marqué le genre fantastique de son empreinte. OEuvre légendaire, rarement diffusée à l’heure actuelle, elle a souvent été source d’inspiration pour les jeunes auteurs du court et mérite d’être découverte ou redécouverte par le plus grand nombre.
En 1977, Dario Argento fait une première incursion dans le fantastique et signe la réalisation d’une oeuvre puissante, rapidement considérée comme un authentique évènement cinématographique : Suspiria.
Rédiger quelques lignes pour parler d’un exercice artistique aussi magistral et aussi sophistiqué se révèle presque impossible. Comment décrire les sensations déclenchées par la vision d’un film qui en suscite autant ? D’ailleurs, en fait de vision, d’autres termes se révèlent plus appropriés pour décrire l’état dans lequel se trouve l’innocent spectateur de Suspiria : hallucination, immersion forcée… les mots et formules abondent. On peut « réduire » l’expérience par une plongée vertigineuse dans les profondeurs d’une image (alternative) dans laquelle cohabitent d’emblée cauchemar et réalité. Ici, pour citer le précieux critique Jean-Baptise Thoret, « le réel est impensable » : le fantastique, chez Argento, est le prolongement mystérieux, naturel, d’une réalité que nous ne faisons que nous représenter. L’image et le son en deviennent plus libres encore, autorisant des contrastes chromatiques et musicaux qui parsèment, tels des électrochocs, un récit qui vous aspire littéralement. Celui d’une enquête –reconstitution quasi sonore, étrange- visant à retrouver la trace d’une créature maléfique qui émet nuitamment les profonds soupirs qui motivent le titre du film. Elle est le personnage clef d’une série de disparitions et de meurtres dont la violence –inouïe- est représentée fort cruellement. Ce sadisme graphique (hérité de la réalisation de Gialli notoires par lesquels a débuté la carrière d’Argento), expressionniste et extrême, ne saurait être confondu avec l’ignominie de certaines productions Outre-Atlantique (Saw 3 en tête). Ce raffinement donne lieu à des séquences spectaculaires, des secousses fascinantes d’effroi, qui participent utilement à la compréhension des cauchemars métaphysiques d’Argento.
A la fin des années soixante-dix, cet expérimentateur audacieux, cet explorateur de sensations dangereuses, comptait parmi les réalisateurs européens qui ont donné un souffle unique au cinéma de genre alors qu’Hollywood s’engluait dans la répétition et la médiocrité. Aussi, amis spectateurs, escortez de près la fragile Jessica Harper et plongez avec elle dans les noirs secrets de l’Académie de Danse de Fribourg. Venez découvrir ou redécouvrir ce chef d’oeuvre singulier sur grand écran, les bras de Matter Suspiriorum vous sont grands ouverts.
SP
Note : Suspiria est le premier volet de la trilogie des Mères imaginée par Argento. En 1980, le remarquable Inferno y fait suite. Ce n’est qu’en 2002 qu’Argento achèvera son maléfique projet avec Terza madre (Mother of tears).




